[ Tribune de Dominique Bilde ] Clientélisme dans les banlieues : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Dans son discours pour sa politique des banlieues prononcé au mois de mai, Emmanuel Macron avait évoqué le clientélisme qui gangrène les banlieues. J’aurais aimé le croire sincère mais difficile de ne pas penser qu’il ne s’agissait pas là d’un énième coup de communication – tâche dont il est indéniablement l’expert.

Déjà, juste avant de se lancer dans la campagne présidentielle, toujours au sujet des banlieues, il avait déclaré : « on a fait trop de promesses, parfois aussi de concessions. Dans les deux cas, bien souvent par clientélisme ». Un avant-goût du parler cash présidentiel dans le but de marquer les esprits tout en faisant une lapalissade.

Il aura fallu attendre seulement deux mois pour que les actes viennent démentir la parole. Interrogé par Le Monde, Jacques Mézard, son ministre de la Cohésion des territoires, précisait : « les associations sont un élément-clé de l’action dans les quartiers. Nous allons leur donner un coup de main, notamment financier : quinze millions d’euros sont déjà fléchés dans le budget de 2019. Mais nous n’avons pas encore choisi lesquelles nous financerons. Nous allons commencer à aider dès cette année celles qui œuvrent pour l’insertion par le sport, comme Fête le Mur, de Yannick Noah. » Ainsi donc, on ne rechigne pas à mettre « un pognon de dingue » tant que c’est pour servir en premier les copains !

Comment oublier que l’ancien tennisman a soutenu Ségolène Royal puis François Hollande ? Faut-il rappeler que cet exilé fiscal avait même chauffé la salle pour le fameux meeting du Bourget durant lequel François Hollande avait fait de la finance son ennemi ?

Et outre le fait qu’on aimerait que le ministre de la Cohésion des territoires se préoccupe autant des possibilités sportives dans nos campagnes, que penser aussi de la primauté donnée au sport ? Certes, en ces temps de liesse, je ne nie pas les vertus qu’il peut avoir. Mais il est fantaisiste de croire que le sport est la solution. Dans ces quartiers où la carrière sportive est perçue comme seule échappatoire possible, n’avons-nous pas le devoir d’offrir d’abord quelque chose d’autre ? La majorité des jeunes qui y vivent ont surtout besoin d’un minimum d’instruction pour trouver du travail. Mais ils préfèrent leur donner des jeux.

Derrière cette excessive valorisation du sport comme facteur d’insertion, on croirait entendre le discours technocratique rappelant l’importance des « éducations non formelle et informelle » à côté de « l’éducation formelle », ce qui n’est rien d’autres que l’instruction.

L’Union européenne, sur ce sujet, n’est pas en reste. Via le projet « CORPLAY » elle confie à la pratique sportive chez les jeunes rien de moins que la mission de lutter contre « l’intolérance, la xénophobie et la discrimination » à l’aide d’une plateforme. Il est assez déconcertant de laisser penser qu’un guide méthodologique est l’outil adapté pour lutter contre les salafistes qui recrutent dans les salles de sport. Surtout alors que ce sont parfois les entraineurs eux-mêmes qui sont islamistes.

Tout cela est déconnecté de la réalité. La politique, c’est le sens des priorités, mais ce gouvernement s’en moque. Deux seules choses les intéressent : avoir la paix et être réélus. Pourtant, Michelet avait été clair : « Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation. » Malheureusement, l’humble peuple dont il avait fait un si beau portrait, n’a pas de politiques à son service, seulement des politiciens.

Source : Rassemblement National.