[L’Est Républicain] Le FN en ordre de marche

Toul. Manoncourt-en-Woëvre, s’est livrée à une guerre des tranchées ces derniers jours, par affiches interposées. D’un côté, des images du Front National un peu partout ainsi que des autocollants ironiques – « J’aime les clandestins ». De l’autre, en riposte, des slogans tels : « La France est belle, plurielle », « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Bienvenue dans cette petite commune du Toulois, 250 âmes au dernier recensement, déchirée par l’initiative de l’un de ses habitants.

Patrick Sincek, militant FN, avait invité les « ruraux, curieux, indécis, désabusés, ceux qui ne croient plus en rien… », ce samedi à une grande réunion publique.

15.500 tracts distribués dans 90 communes plus tard, et une bonne centaine de personnes prenaient place dans la salle polyvalente. Beaucoup de jeunes et des femmes aussi. Face à eux, un aréopage d’élus du parti de Marine Le Pen, conseillers régionaux pour la plupart ; voire, pour Dominique Bilde, une fonction doublée de celle de députée européenne.

Leur objet ? Mobiliser les électeurs avant la prochaine échéance présidentielle, celle qui pourrait permettre à Marine Le Pen d’accéder au pouvoir. Et du même coup « de rendre à la France le rang qui doit être le sien ». « Parlez-en à vos voisins. Il suffit à chacun de toucher deux personnes pour constituer une grande chaîne infernale ». Le discours est entièrement articulé autour du déclin de la Nation, une situation due au fait que « des incapables nous gouvernent depuis des années ». En clair : des « élites carriéristes » qui s’allient dans toutes les instances contre les « idées visionnaires » du Front National. « On nous critique, on nous caricature, mais nous, nous ne sommes pas des alimentaires de la politique. Dans les collectivités où nous sommes élus, nous faisons un travail de fond, contrairement à ce que dit la presse. Malheureusement, on entend que la droite et la gauche ; nous, on ne nous invite jamais ». L’antienne de la victimisation et du mépris dont le FN ferait l’objet n’est jamais loin.

Les classiques sont révisés. Les assertions, martelées comme des vérités, largement applaudies. Les migrants, sont pour « la plupart économiques et européens et non pas politiques » ; « On naturalise à tour de bras les émigrés » ; le terrorisme est une métastase chez les musulmans », car le Coran « n’est pas un livre de paix » et l’Islam a « une vocation expansionniste ». Le chiffon rouge de l’autre, celui qui n’appartient pas à la même civilisation, responsable de tous nos maux, est agité dans tous les sens. « Quand nous arriverons, ils partiront. Alors, faites-nous arriver. Nous sommes dans une course, il est encore temps de se mobiliser. Il faut convaincre que nous ne sommes pas des loups ». Hier, les militants n’ont pas pris la peine de se déguiser en agneaux non plus.

 

Source: L’Est Républicain.


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