[ Communiqué de Dominique Bilde ] Travailleurs détachés : le monde d’après-crise toujours dans le déni.

Alors que le pays vient de traverser et continue de vivre une crise sanitaire sans précèdent depuis un siècle, la deuxième crise qui arrive à nos portes sera tout aussi violente.

En effet, la crise économique que la France et l’Europe se préparent à vivre va impacter sensiblement notre économie ainsi que nos emplois. Et pourtant, malgré la catastrophe annoncée, notamment par le FMI qui désormais prévoit une récession française à hauteur

de – 12.5% pour 2020, l’inaction du gouvernement à protéger nos emplois et notamment dans le secteur industriel est consternante.

 

En Lorraine, c’est les usines PSA de Metz et Tremery qui font parler d’elles, notamment à cause de leur volonté de faire appel à des travailleurs détachés de Pologne et de Hongrie pour venir renforcer les lignes de production de ses usines de Lorraine.

C’est environ 70 salariés étrangers qui ont été choisis pour venir travailler dans nos usines, au détriment d’intérimaires français, et cette décision est d’autant plus choquante, alors même que le groupe PSA a pu bénéficier de la solidarité nationale via le mécanisme du chômage partiel durant la crise sanitaire. 

Ajoutons à cela qu’entre fin 2018 et fin 2019, l’emploi salarié dans le secteur de l’industrie en région Grand Est avait déjà reculé de plus de 0.8% (source INSEE).

La Lorraine et la France n’ont-elles pas assez de travailleurs français qualifiés sur son sol ? Alors que le secteur automobile va bénéficier d’aides directes ou indirectes à hauteur de 8 milliards d’euros, pourquoi celui-ci ne joue-t-il pas le jeu du patriotisme économique et industriel en ne recrutant que des travailleurs français ?

La situation exceptionnelle que nous vivons appelle des mesures rapides et concrètes afin de protéger nos emplois notamment dans un secteur déjà fortement impacté depuis des dizaines d’années. L’afflux de travailleurs détachés sur notre sol doit être freiné le plus rapidement possible, et la priorité d’emploi donnée aux Français qui vont déjà devoir subir une crise économique sévère, ne leur rajoutons pas en plus une concurrence déloyale à l’emploi.


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