[ Communiqué de Dominique Bilde ] Pour la cristallerie de Baccarat, le rachat chinois tourne au casse du siècle.

Tout avait commencé sous les meilleurs auspices. Dans les colonnes du quotidien Les Échos en 2017, l’évanescente femme d’affaires chinoise Coco Chu s’extasiait, des trémolos dans la voix, sur son coup de cœur pour le dernier joyau de l’empire Taittinger. « Cette beauté, ce raffinement m’ont fait oublier tous mes tracas ! », assurait celle qui prétend être tombée en pâmoison lors de sa première visite au restaurant Baccarat, à la sortie d’un défilé chez Chanel.

Las ! La fin des tracas de Coco Chu marquera le début de ceux de la cristallerie. Car très vite, la conclusion de la vente s’empêtre dans des chinoiseries, qui auraient dû suffire pour que, du côté français, on commence à se tâter. Pourtant, en juin 2018, le contrat de vente est définitivement scellé à un prix inférieur au cours de l’action, mais moyennant des promesses d’investissements mirifiques de 30 millions d’euros à court terme et 50 millions à long terme.

Depuis lors, le feuilleton a pris un tour rocambolesque. Assaillis par des créanciers qui, sentant le roussi, réclament des places au conseil d’administration, la belle Chinoise et son fiancé ont pris la poudre d’escampette. En prime, plusieurs millions d’euros de la société auraient, selon le Journal du Dimanche, été ponctionnés. La directrice générale s’était aussi auparavant envolée vers des cieux plus cléments, chez l’Italien Moleskine.

Au ministère de l’Économie, consulté sur le dossier, le mot « revente » n’est plus tabou. Mais à qui ?

Dans ma Lorraine natale, chaque mois semble ajouter un nouveau nom à l’interminable liste des entreprises cédées à des affairistes étrangers. On se souvient de l’humiliation essuyée par Manuel Valls qui, en 2016, posait la première pierre d’une usine de production d’ampoules LED à Verdun, fruit d’investissements chinois et qui ne verra jamais le jour. Ces derniers temps, c’est Saint-Gobain PAM qui est aux prises avec les appétits d’un grand groupe chinois, que d’aucuns soupçonnent de n’être guère intéressé que par les brevets.

La France est-elle tombée si bas, qu’il nous faille nous raccrocher comme seul espoir de créations d’emplois à la moindre baudruche de quelque investisseur rapace ?  Il est temps que le patriotisme économique devienne davantage qu’un slogan et de renouer avec nos propres ressources et forces vives, seules véritable vivier de la France de demain.


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