[ Communiqué de Dominique Bilde ] Mulhouse : vol au-dessus d’un nid d’islamistes.

Elle devait être un « phare pour l’éducation et le prêche », selon les propres termes du dirigeant d’alors de l’Association des musulmans d’Alsace (Amal) en 2015. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la mosquée An-Nour, forte de ses 11 000 m2 comprenant, pêle-mêle, un spa, une salle de sport et un funérarium, n’aura déçu ni ses adeptes ni ses contempteurs. Dernière péripétie : l’invitation, le vendredi 28 juin, du cheikh Youssef Ibram, connu pour ses positions pro-lapidation des femmes adultères. L’occasion pour ce triste sire, persona non grata à la mosquée de Genève où il sévissait auparavant, de se fendre d’un des discours incendiaires dont il a le secret – et débité, cela va de soi, essentiellement en arabe.

Le plus grand centre islamique de France n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai. Il avait déjà fait plusieurs fois son miel du sulfureux imam radical dûment formé en Arabie saoudite. Il faut dire que l’Amal, à l’origine de la construction de l’édifice pharaonique, ne brille pas par sa modération, puisqu’elle est affiliée aux « Musulmans de France », ex-UOIF – « suspectée d’être la vitrine légale des Frères musulmans », selon le très sérieux Libération. Ce qui n’avait pas empêché le « centre culturel », selon l’expression consacrée, de tirer parti de la générosité des pouvoirs publics : en l’occurrence, de la vente d’un terrain de 240 000 euros assortie d’une subvention du même montant, à en croire le site de la « Communauté Francophone de Confession Musulmane ». Quant au financement, estimé à 26 millions d’euros par les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, il proviendrait à 80 % de contributeurs étrangers, dont 14 millions du Qatar.

L’odeur de soufre n’aura toutefois pas effarouché l’ancien édile de Mulhouse, Jean Rottner, qui se félicitait ainsi d’un « partenariat crucial » avec l’Amal, porteuse selon lui « [d’un] islam de tolérance, du souci de l’autre et du bien vivre ensemble. » Quant aux polémiques sur le financement de l’édifice, elles n’empêchent pas plus l’actuel président LR du Grand-Est de dormir sur ses deux oreilles : « Mulhouse est une ville multiculturelle. […] où il faut trouver un équilibre par rapport à la communauté musulmane. », philosophait-il. Lors de la dernière séance plénière du conseil régional, Jean Rottner se targuait face à moi de sa qualité d’élu de terrain, toujours prompt à « mettre les mains dans le cambouis » … quitte à ne reculer devant aucune compromission ?