[ Communiqué de Dominique Bilde ] Corps européen de solidarité : quand la Commission européenne se prend pour un poisson-globe.

La Commission européenne s’apprête à donner une base juridique au Corps européen de solidarité, lancé en décembre 2016, qui « vise à donner aux jeunes la possibilité de se porter volontaires ou de travailler dans le cadre de projets organisés dans leur pays ou à l’étranger ». Quelle différence alors avec le Service volontaire européen (SVE), vieux de 20 ans, qui « aide les jeunes à participer à des projets de volontariat à l’étranger » ? C’est en fait simple : c’est la même chose mais élargie aux activités professionnelles. Et si ce Corps se concentre pour l’instant aux seuls États membres, il a vocation à s’étendre hors UE à tout pays qui le souhaite. En attendant, le SVE est conservé jusqu’en 2018 au seul motif qu’il couvre, lui, les 33 États bénéficiant d’Erasmus +.

Résumons : un nouveau programme qui ne sera que l’élargissement d’un programme existant, tant dans ses attributions que dans son application géographique, doit voir le jour sans supprimer celui qui existe déjà. Tout cela avec de l’argent dont les commissaires ne sont pas capables de nous dire d’où il viendra : en partie du budget d’Erasmus + – qui devrait donc en pâtir – en partie de la part du budget de l’UE qui n’a pas été dépensée – dont on nous précise que si elle n’est pas utilisée, elle devra bêtement être rendue aux États membres… On est donc face à un cas classique d’hypertrophie administrative : grossir pour survivre, même si l’on peut dépenser moins, afin de justifier son existence.

Les commissaires ont clairement affirmé que l’idée était venue à la suite du Brexit : créer davantage d’échanges européens chez les jeunes afin de développer un sentiment pro-européen. Autrement dit, c’est la panique à bord. Tel un poisson-globe qui se gonfle d’eau quand il se sent menacé, la Commission propose toujours plus de programmes pour convaincre de sa légitimité. Le poisson-globe est aussi connu pour les graves intoxications qu’il provoque, causant paralysie des muscles et mort par arrêt respiratoire. Les Britanniques seront-ils les seuls à décider de s’en prémunir ?